Coronavirus : comment expliquer la faible propagation du virus en Afrique ?
- Florise Vaubien
- 7 juil. 2022
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 23 oct. 2024
Alors que l'épidémie de coronavirus se propage dans le monde, le continent africain affiche des bilans officiels encourageants. Densité, âge moyen, climat... Plusieurs facteurs expliqueraient cette résilience sanitaire.

Par Florise Vaubien, mis en ligne le 13.05.2020
En constatant des bilans officiels particulièrement encourageants dans les pays africains, certains scientifiques redoutaient déjà une catastrophe sanitaire silencieuse et sous-estimée. Mais les dernières données démontrent que le continent détient de nombreux atouts pour faire face à la pandémie. Explications.
Les États africains dénombrent seulement 64.214 cas de contaminations au Covid-19 : comment expliquer ce faible bilan ? D'abord, la plupart des gouvernements ont pris au sérieux les cris d'alarme de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui craignait une propagation dévastatrice à travers le continent.
Les États ont rapidement pris des mesures sanitaires, notamment en limitant les voyages, une stratégie efficace pour ralentir le taux d'infection. "Je crois que l'Afrique du Sud a pris la bonne décision de confinement au début de la pandémie. (…) Une augmentation des cas se poursuivra, mais à un rythme plus lent", explique Glenda Davison, chef du département des sciences biomédicales de la Cape Peninsula University of Technology (Afrique du Sud) dans la revue médicale The Lancet.
Des atouts démographiques
Par ailleurs, la démographie aurait également joué un rôle : avec 60% de la population âgée de moins de 25 ans, les pays africains ont été relativement épargnés par une maladie qui se révèle particulièrement dangereuse pour les personnes âgées. "C'est peut-être là une première explication de cette résilience", explique-t-on au Point. Pour rappel, en France, 75% des personnes décédées du Covid-19 ont plus de 75 ans et dans le nord de l'Italie, région la plus touchée au monde, les personnes âgées de plus de 65 ans représentent 23% de la population locale, contre 5% en Afrique.
Seuls l’Égypte, la Tunisie, le Maroc ou encore le Rwanda, et quelques grandes mégalopoles affichent des densités de population élevées. Le continent africain dispose donc d’un autre atout majeur : la faible densité avec en moyenne 43 habitants par kilomètre carré contre 207 en Italie, 105 en France et 98 en Espagne. Une caractéristique démographique qui aurait freiné la propagation du virus à travers les régions. "L'OMS confirme que cette faible densité de population joue un rôle positif, tout en soulignant que ces chiffres ne sont qu'une moyenne, et que des villes comme Lagos ou Abuja affichent des densités de population records".
Facteur climatique et retour d'expériences
Le climat expliquerait également la lente propagation du virus. "Une étude a conclu que la maladie du coronavirus est possiblement moins stable à des températures plus élevées, la température optimale de transmission se situant probablement autour de 8,72 °C. Les températures dans la plupart des pays africains sont rarement inférieures à 15 °C", explique Denis Chopera, médecin virologue et directeur administratif de programme pour le réseau d’excellence en recherche sur la tuberculose et le VIH en Afrique subsaharienne (SANTHE), dans une tribune publiée par le quotidien suisse Le Temps.



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